Nous avons déjà consacré un article aux conditions de travail des salariés de la DACO. Nous y décrivions une organisation sous tension, des difficultés persistantes et des salariés contraints de fournir toujours plus d’efforts pour assurer la continuité de l’activité. Depuis, rien ne permet de considérer que la situation s’est améliorée.
Pour les élus, elle demeure très préoccupante. Les alertes qui émanent du centre de Cergy ces derniers jours viennent rappeler que le problème est bien réel et qu’il ne peut plus être renvoyé à une simple période d’adaptation.
Des difficultés connues, mais toujours présentes : Le transfert progressif de tâches vers Akkodis a modifié le travail des équipes. Or, les difficultés liées à la formation, à la multiplication des interlocuteurs et à la fragmentation des procédures ont déjà été signalées. Quand une opération nécessite davantage d’échanges pour aboutir, quand les réponses tardent ou que les responsabilités deviennent difficiles à identifier, ce sont les salariés de la DACO qui doivent absorber les conséquences.
À cela s’ajoutent la surcharge d’informations, les changements successifs et le manque de visibilité sur l’avenir de certains métiers. On ne peut pas demander aux équipes de s’adapter sans cesse tout en laissant les mêmes obstacles compliquer leur travail quotidien.
Le travail de gestionnaire de compte est lui-même présenté comme un « emploi sensible ». Cette perspective suscite des inquiétudes légitimes chez des salariés qui voient leurs tâches évoluer sans disposer de réponses suffisamment claires sur leur avenir professionnel.
La mobilisation des salariés ne peut pas tenir lieu d’organisation : Au mois d’août, des gestionnaires ont travaillé les samedis 1er et 8 pour permettre la clôture des paies. Cet épisode aurait dû conduire à examiner sérieusement le dimensionnement des équipes, l’anticipation de l’activité et les causes des difficultés rencontrées. Depuis lundi, sur le Centre de Cergy, on impose aux salariés lors d’une réunion et au mépris du délai de prévenance obligatoire de réaliser au minimum 1 heure supplémentaire par jour.. immédiatement!
La CFDT pose une question simple : qu’a-t-on changé depuis pour éviter que les salariés aient de nouveau à compenser les défaillances de l’organisation ?
Car c’est bien là que se situe le problème. Lorsque les équipes parviennent malgré tout à faire fonctionner le service, leur engagement peut masquer la gravité des dysfonctionnements. Les paies sont clôturées, les dossiers avancent, mais à quel prix pour celles et ceux qui portent cette charge ? Une organisation ne devient pas satisfaisante parce que les salariés réussissent, une fois encore, à la faire tenir.
Cergy : une alerte de plus, et après ? Les signalements récents en provenance du centre de Cergy doivent être pris au sérieux. Nous n’entendons pas prêter aux salariés des propos qu’ils n’ont pas tenus ni détailler publiquement des situations qui nécessitent encore d’être examinées. Mais leur existence, dans un contexte déjà documenté, impose une réaction rapide.
La Direction connaît les difficultés de la DACO. Les élus les ont portées à sa connaissance. Elle ne peut donc plus répondre aux nouvelles alertes comme s’il s’agissait d’incidents isolés. À force de constater les problèmes sans les résoudre, on finit par faire de la surcharge une manière ordinaire de travailler. C’est précisément ce que nous refusons.
La CFDT attend de la Direction qu’elle examine sans délai les alertes de Cergy avec les représentants du personnel et les salariés concernés. Nous demandons également un bilan des difficultés rencontrées sur l’ensemble de la DACO : charge de travail réelle, retards, formation, fonctionnement avec Akkodis, effectifs disponibles et conséquences des changements d’organisation.
Ce bilan doit déboucher sur des décisions vérifiables : des procédures claires, des interlocuteurs identifiés, une formation adaptée, des moyens cohérents avec l’activité et un calendrier de suivi présenté aux élus. Les salariés doivent aussi recevoir des réponses sur l’évolution de leurs métiers et sur leurs perspectives professionnelles.
Enfin, le recours au travail du samedi doit rester exceptionnel, être anticipé et respecter les règles relatives au temps de travail, au repos et aux compensations. Il ne saurait servir de réponse récurrente à une organisation qui peine à fonctionner.
Les salariés de la DACO ont déjà largement démontré leur professionnalisme. Les élus ont alerté, puis réalerté. Ce qui manque aujourd’hui, ce ne sont pas des efforts supplémentaires de leur part : ce sont des réponses et des actes de la Direction.

