CSE Central du 6 octobre : transformations, rémunérations, emploi… Les salariés attendent des réponses !

9 octobre 2026

Le 6 octobre 2026, les élus du CSE central d’Adecco France se sont réunis en séance extraordinaire autour de plusieurs sujets majeurs pour l’avenir de l’entreprise et de ses salariés : résultats économiques, nouveau système de rémunération variable, réorganisation Workforce Solutions, intelligence artificielle, électrification du parc automobile, emploi, pouvoir d’achat et difficultés rencontrées au quotidien par les équipes.

Une réunion particulièrement dense, qui témoigne de l’ampleur des transformations engagées chez Adecco. Mais derrière les présentations stratégiques et les objectifs de performance, une question essentielle demeure : quelle place la Direction entend-elle réellement accorder aux salariés dans ces évolutions ?

Pour la CFDT, les transformations ne peuvent pas se limiter à des considérations économiques. Elles doivent aussi s’accompagner de garanties sociales, de moyens adaptés et d’une véritable reconnaissance du travail accompli.

Situation économique : la performance ne peut pas reposer uniquement sur les salariés

La Direction a présenté les éléments relatifs à la marche générale de l’entreprise, dans un contexte économique toujours difficile pour le secteur du travail temporaire et du recrutement.

La pression sur les résultats, la recherche de rentabilité et les évolutions du marché constituent des préoccupations importantes pour l’entreprise. Pour autant, la CFDT rappelle que les difficultés économiques ne doivent pas systématiquement se traduire par des exigences supplémentaires imposées aux équipes.

Les salariés sont déjà confrontés à des objectifs commerciaux ambitieux, à des transformations organisationnelles répétées et à des outils dont l’efficacité reste parfois contestable. La recherche de performance ne peut pas devenir un prétexte permanent pour demander toujours davantage à des salariés qui attendent, eux aussi, des contreparties concrètes.

Pyramide V5 : un nouveau système de rémunération variable sous surveillance

Parmi les sujets présentés figure Pyramide V5, une nouvelle évolution du dispositif de rémunération variable.

Ce système repose notamment sur différents indicateurs de performance, parmi lesquels l’évolution du chiffre d’affaires, des volumes, de la marge et des coûts, selon les fonctions et les périmètres concernés. La Direction entend ainsi faire évoluer les mécanismes de rémunération pour les rapprocher de ses objectifs économiques et commerciaux.

Pour la CFDT, une évolution du système de rémunération ne peut être considérée comme positive que si elle apporte davantage de lisibilité, d’équité et de perspectives réelles de gains pour les salariés. Les objectifs doivent être atteignables, les règles de calcul transparentes et les différences de situation entre agences, activités et territoires correctement prises en considération.

Nous serons particulièrement attentifs aux conséquences de cette nouvelle version sur les rémunérations effectivement perçues. Il ne serait pas acceptable qu’une modification des règles aboutisse, à performance comparable, à une diminution des revenus variables. La rémunération variable doit récompenser le travail et les résultats, pas devenir un instrument supplémentaire de pression commerciale.

Workforce Solutions : une transformation importante qui justifie une expertise

Le CSE central a également été informé du projet de mise en œuvre de la nouvelle Business Line Workforce Solutions, qui s’inscrit dans la transformation de l’organisation du groupe Adecco.

Ce projet soulève naturellement des interrogations sur l’avenir des activités, l’évolution des métiers, les responsabilités, les organisations et les perspectives professionnelles. Une partie des informations présentées étant expressément couverte par une obligation de confidentialité, nous ne pouvons pas en détailler le contenu à ce stade.

En revanche, les élus du CSE central ont voté à l’unanimité le recours à un expert afin de les accompagner dans l’analyse de ce projet.

Cette décision doit permettre aux représentants du personnel de disposer d’une analyse indépendante des conséquences potentielles de cette transformation, notamment sur l’emploi, les conditions de travail et les parcours professionnels. La CFDT considère qu’une réorganisation ne peut pas être évaluée uniquement à travers les économies attendues ou les gains de productivité annoncés. Ses conséquences humaines et sociales doivent être pleinement prises en compte.

Intelligence artificielle : moderniser les outils sans fragiliser les emplois

Les outils d’intelligence artificielle mis en place dans l’entreprise et leurs impacts potentiels sur l’emploi ont également été examinés, avec l’intervention d’un expert. La CFDT ne s’oppose pas aux évolutions technologiques lorsqu’elles permettent de simplifier les tâches, d’améliorer les conditions de travail et de renforcer l’efficacité des équipes.

Mais leur déploiement doit s’accompagner de garanties. Les salariés doivent pouvoir bénéficier de formations adaptées, comprendre les transformations de leurs métiers et conserver une véritable maîtrise de leurs activités. L’intelligence artificielle ne doit pas servir de justification à une réduction des effectifs, à une intensification des cadences ou à une surveillance accrue des performances individuelles. Le progrès technologique doit bénéficier à celles et ceux qui travaillent, et pas uniquement aux indicateurs de productivité.

Parc automobile : les élus votent le recours à un expert sur l’électrification

Le projet d’électrification du parc automobile et l’évolution de la charte véhicule ont également été examinés lors de cette réunion. Cette transformation soulève plusieurs questions concernant les conditions d’utilisation des véhicules, les modalités de recharge, les éventuels coûts supportés par les salariés et les conséquences sur l’organisation du travail. Interrogée sur les contraintes liées à la recharge des véhicules électriques pendant la journée de travail, la Direction considère que cette évolution n’aura aucun impact sur l’organisation du travail. Une affirmation qui ne suffit pas à lever toutes les interrogations.

Les élus du CSE central ont également voté le recours à un expert pour les accompagner dans l’analyse de ce projet et de ses conséquences pour les salariés. Cette expertise doit permettre d’examiner les implications concrètes de l’électrification du parc automobile et de vérifier que cette transition ne se traduira pas par des contraintes ou des dépenses supplémentaires injustifiées pour les collaborateurs concernés. Pour la CFDT, la transition écologique est nécessaire, mais elle doit être organisée de manière équitable, avec des moyens adaptés et des garanties pour les salariés.

Ce sont donc deux projets importants, Workforce Solutions et l’électrification du parc automobile, qui feront l’objet d’un accompagnement par expertise à la suite des votes des élus.

Départs de salariés : les réponses de la Direction sont particulièrement révélatrices

Parmi les informations communiquées lors de cette réunion, les résultats des enquêtes de sortie des salariés en 2026 méritent une attention toute particulière. Les trois principaux motifs de départ identifiés sont la rémunération et les avantages sociaux, de meilleures opportunités professionnelles à l’extérieur, ainsi que le manque de reconnaissance et de soutien. Ces résultats devraient interpeller sérieusement la Direction.

Ils rejoignent les constats que la CFDT formule régulièrement concernant les rémunérations, la reconnaissance professionnelle, les perspectives d’évolution et les conditions de travail. Comment prétendre fidéliser les collaborateurs lorsque la rémunération et le manque de reconnaissance figurent parmi les premières raisons de leur départ ? Comment attirer de nouveaux talents lorsque les salariés déjà présents dans l’entreprise considèrent que de meilleures opportunités existent ailleurs ?

Ces enquêtes de sortie constituent un signal d’alerte social. Encore faut-il que la Direction accepte d’en tirer les conséquences. À quelques semaines des négociations annuelles obligatoires, ces résultats devraient nourrir une véritable réflexion sur la politique salariale et les pratiques managériales de l’entreprise.

Perte du client Amazon : sept licenciements et dix-sept repositionnements

Les élus ont également obtenu des précisions concernant les conséquences sociales de la perte du client Amazon. Selon les chiffres communiqués par la Direction, 30 salariés en CDI ont été concernés. Parmi eux, 17 ont été repositionnés en interne, 7 ont fait l’objet d’un licenciement, 3 ont démissionné et 3 étaient absents à la date de la présentation.

Si les repositionnements internes constituent un élément positif, les sept licenciements rappellent que les pertes de marchés peuvent avoir des conséquences particulièrement lourdes sur l’emploi. Pour la CFDT, l’anticipation des évolutions commerciales, la mobilité interne, la formation et la recherche de solutions de reclassement doivent constituer des priorités. Derrière les résultats financiers et les contrats commerciaux, il y a des salariés, des familles et des parcours professionnels.

Pouvoir d’achat et carburant : rendez-vous aux NAO, répond la Direction

Les élus ont interrogé la Direction sur les conséquences de l’augmentation des prix des carburants et sur les mesures susceptibles d’aider les salariés permanents et intérimaires confrontés à la hausse de leurs dépenses de déplacement.

La réponse apportée concernant les mesures d’accompagnement renvoie aux négociations annuelles obligatoires sur les salaires, dont la réunion d’ouverture est programmée le 18 novembre 2026. Autrement dit, aucune nouvelle mesure immédiate n’a été annoncée en réponse à ces demandes. Dans le même temps, la Direction évalue à environ 80 000 euros par mois le surcoût du carburant pour Adecco France.

Si l’entreprise mesure précisément les conséquences de cette augmentation sur ses propres dépenses, il serait tout aussi légitime qu’elle s’intéresse concrètement à celles supportées quotidiennement par ses salariés. Le pouvoir d’achat ne peut pas rester un sujet que l’on renvoie systématiquement à une prochaine réunion.

La CFDT entend faire des rémunérations, des frais de déplacement et de la reconnaissance du travail des enjeux majeurs des prochaines négociations salariales.

Support informatique : ServiceNow continue de compliquer le quotidien des équipes

Les difficultés rencontrées par les salariés avec le support informatique ont également été portées à l’attention de la Direction. Les remontées du terrain font état de problèmes de prise en charge, de délais de résolution parfois importants, de réponses inadaptées et de tickets clôturés alors que les difficultés persistent.

La Direction rappelle que le support informatique est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, notamment via Teams et ServiceNow. Elle précise également que les échanges se déroulent désormais principalement au sein des tickets, ce qui nécessite une vigilance particulière sur les notifications reçues par courrier électronique. Ces explications ne doivent pas faire oublier la réalité vécue par les équipes.

Lorsqu’un outil informatique ne fonctionne pas, les conséquences sont immédiates : perte de temps, désorganisation, difficultés à répondre aux clients et pression supplémentaire sur les salariés. La CFDT considère que l’amélioration des outils et de l’assistance informatique doit être une priorité opérationnelle. Les collaborateurs ne peuvent pas être tenus responsables des conséquences de dysfonctionnements qu’ils ne maîtrisent pas.

La CFDT attend désormais des engagements concrets

Ce CSE central du 6 octobre illustre une nouvelle fois les transformations importantes engagées au sein d’Adecco France. Nouvelle organisation, évolution des rémunérations variables, intelligence artificielle, électrification du parc automobile, recherche de compétitivité : les changements sont nombreux et leurs conséquences doivent être sérieusement évaluées.

Le recours à des experts sur deux projets importants démontre la volonté des élus de disposer des éléments nécessaires pour exercer pleinement leurs prérogatives et défendre les intérêts des salariés. Mais au-delà de ces transformations, les résultats des enquêtes de sortie devraient particulièrement retenir l’attention de la Direction. Les salariés parlent de rémunération, de reconnaissance et de perspectives professionnelles. Ce sont précisément les sujets que la CFDT porte depuis des mois.

À l’approche des négociations annuelles obligatoires, il serait temps que les préoccupations des salariés occupent autant de place dans les décisions de l’entreprise que les objectifs de rentabilité et de performance.

La CFDT continuera à défendre une exigence simple : les transformations doivent se construire avec les salariés, dans le respect de leurs droits, de leurs conditions de travail et de leur engagement professionnel. Parce qu’une entreprise ne se transforme pas durablement en oubliant celles et ceux qui la font vivre.

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