Le ras-le-bol est collectif. Et la réponse ?

12 octobre 2026

Depuis longtemps, la CFDT dénonce la dégradation des conditions de travail, la pression sur les équipes, le manque de reconnaissance et des rémunérations qui ne répondent pas aux attentes des salariés. Depuis longtemps, nous portons ces sujets devant la direction. Pourtant, les témoignages que nous recevons montrent que la situation continue de se dégrader.

Les appels se multiplient. La fatigue, le découragement et la souffrance s’expriment sur l’ensemble des périmètres. Derrière chaque sollicitation, il y a un collègue qui cherche une réponse, un soutien, parfois simplement quelqu’un qui l’écoute. Combien de temps allons-nous encore considérer comme normal de devoir s’épuiser pour tenir au travail ?

Cette situation pèse également sur les représentants du personnel et les organisations syndicales. Accompagner les salariés, intervenir auprès de la direction, suivre les dossiers et répondre aux urgences devient de plus en plus difficile face au nombre de sollicitations. Nous poursuivons notre engagement, mais nous ne pouvons pas, à nous seuls, compenser les conséquences de conditions de travail dégradées.

Alors, posons clairement la question : que faisons-nous maintenant ?

Allons-nous continuer à dénoncer les mêmes difficultés, réunion après réunion, pendant que les salariés s’épuisent ? Combien d’alertes faudra-t-il encore porter pour obtenir des réponses concrètes sur les rémunérations, les moyens et les conditions de travail ?

La responsabilité de la direction est entière. C’est à elle de prendre les décisions nécessaires pour préserver la santé des salariés, donner aux équipes les moyens de travailler correctement et reconnaître leur engagement. Les discours sur le dialogue social et la qualité de vie au travail doivent trouver une traduction dans le quotidien des agences et des services.

Les salariés ne peuvent pas être constamment appelés à s’adapter, à absorber les difficultés et à maintenir les résultats pendant que leurs propres attentes restent sans réponse. Leur engagement mérite davantage que des remerciements de circonstance.

Mais nous devons aussi regarder en face notre responsabilité collective. Lorsque les alertes répétées ne suffisent plus, comment faire entendre un message auquel la direction devra répondre ?

Les organisations syndicales doivent se poser cette question ensemble. Se parler, rechercher des convergences et porter des revendications communes constituent une responsabilité envers les salariés. Nos différences ne doivent pas nous empêcher de nous retrouver sur l’essentiel : les salaires, la santé, les conditions de travail et la reconnaissance.

Les salariés ont, eux aussi, un rôle décisif. Solliciter un élu, témoigner et signaler une difficulté sont des démarches indispensables. Mais chacun doit également s’interroger sur la place qu’il serait prêt à prendre dans une démarche collective. Les représentants peuvent porter les revendications. Leur force dépend aussi de l’engagement de celles et ceux qu’ils représentent.

Il ne s’agit pas de faire porter aux salariés la responsabilité des difficultés qu’ils subissent. Cette responsabilité appartient à la direction. Il s’agit de prendre conscience du pouvoir que nous pouvons exercer ensemble pour obtenir des changements.

Nous connaissons les hésitations, les contraintes et les inquiétudes. Elles doivent être entendues. Mais nous devons aussi poser une question : si chacun attend que les autres agissent, comment espérer que la situation évolue ?

Une initiative locale peut rendre une difficulté visible. Sa portée reste toutefois limitée lorsque chaque équipe, chaque agence ou chaque service demeure isolé. Une expression collective sur l’ensemble du territoire et des périmètres pourrait donner une tout autre dimension aux revendications que nous portons depuis longtemps.

Les difficultés nous sont signalées partout. Notre capacité à nous faire entendre doit pouvoir se construire à cette même échelle. Cela suppose que les salariés se sentent concernés au-delà de leur propre situation et comprennent que les avancées attendues nécessitent un engagement commun.

La CFDT réfléchit aux suites qui pourraient être données à ces alertes et souhaite mesurer la volonté des salariés d’agir ensemble. Face à une situation qui continue de se dégrader, une mobilisation collective pourrait devenir nécessaire pour être enfin entendus. Sa force dépendrait de la participation des salariés sur l’ensemble du territoire, dans les agences comme dans les services.

La question que nous vous adressons aujourd’hui est celle de votre volonté : sommes-nous prêts, collectivement, à donner davantage de poids à nos exigences sur les rémunérations, les conditions de travail et la reconnaissance ? Parlez-en avec vos collègues, échangez avec vos représentants et faites-nous part de votre position. C’est aussi à partir de vos réponses que nous pourrons apprécier les suites à envisager.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de recueillir toujours plus de témoignages de collègues qui vont mal. Ces alertes doivent déboucher sur des changements. Et pour les obtenir, nous devons nous interroger sur ce que nous sommes prêts à faire ensemble.

Nous pouvons porter vos revendications. C’est ensemble que nous pourrons leur donner la force nécessaire.

Le ras-le-bol est collectif. Sommes-nous prêts à construire une réponse qui le soit aussi ?

CFDT Adecco

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