DACO : après Cergy, un nouveau droit d’alerte déclenché à Avignon !

6 novembre 2026

La situation dans les centres de service Adecco continue de se dégrader. Après Cergy-Pontoise il y a quelques semaines, c’est désormais au tour du centre de service d’Avignon de faire l’objet d’un droit d’alerte. Une nouvelle procédure qui confirme les inquiétudes exprimées depuis plusieurs mois par la CFDT Adecco sur les conditions de travail au sein de la DACO.

Une charge de travail toujours plus importante, des échéances de clôture de plus en plus difficiles à respecter, une pression permanente sur les équipes : les difficultés rencontrées par les salariés du centre de service d’Avignon ne peuvent plus être ignorées. Les gestionnaires doivent composer avec des volumes d’activité croissants, des délais toujours plus contraints et une organisation du travail qui peine manifestement à répondre aux réalités du terrain. À force de demander toujours plus, sans nécessairement donner les moyens de faire face, c’est la santé des salariés qui risque d’en payer le prix.

Le déclenchement d’un droit d’alerte sur le site d’Avignon constitue un nouveau signal particulièrement préoccupant. Après Cergy, Avignon : combien d’alertes faudra-t-il ? Il y a quelques semaines, un premier droit d’alerte était déclenché sur le centre de service de Cergy-Pontoise, à l’initiative d’un élu, face à la dégradation des conditions de travail et aux risques pesant sur la santé des salariés.

Lors du dernier CSE central, mardi dernier, nous avons de nouveau interpellé la direction sur la situation préoccupante de la DACO. L’occasion d’un échange pour le moins révélateur avec le vice-président de la Direction des Activités Centrales Opérationnelles. Ce dernier s’est déclaré plutôt « heureux » des bons indicateurs enregistrés depuis l’année dernière et des résultats de l’évolution de la DACO. Un élu CFDT lui a alors posé une question pourtant essentielle : « Pensez-vous que les salariés de la DACO soient, eux aussi, heureux de leurs conditions de travail ? ». La réponse a de quoi surprendre : « Le bonheur, ça relève de la philosophie. »

On appréciera également cette autre réflexion selon laquelle un salarié qui ne serait plus satisfait de ses conditions de travail ou de l’entreprise dans laquelle il évolue pourrait toujours choisir de partir. Voilà qui a le mérite d’être clair ! Pour la CFDT Adecco, ces propos illustrent précisément le décalage que nous dénonçons depuis des mois entre la lecture des indicateurs de performance et la réalité vécue par les salariés.

On peut se féliciter de bons résultats. Encore faut-il s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils sont obtenus et sur celles et ceux qui les rendent possibles. Quant à considérer que les salariés insatisfaits peuvent simplement quitter l’entreprise, nous avons une autre conception du dialogue social, de la responsabilité managériale et de la prévention des risques professionnels. Les salariés n’ont pas à choisir entre préserver leur santé et conserver leur emploi.

Une organisation du travail qui montre ses limites, la CFDT Adecco dénonce les conséquences des transformations engagées au sein de la DACO : Transferts d’activités, multiplication des procédures, difficultés de coordination, formation parfois insuffisante, augmentation des portefeuilles et pression liée aux clôtures : les difficultés s’accumulent. Nous avions déjà dénoncé le recours au travail du samedi, en plein mois d’août, pour tenter de résorber les retards et respecter les échéances de paie. Ce qui devait rester exceptionnel ne peut devenir une réponse aux dysfonctionnements structurels de l’organisation.

Les problématiques de charge de travail, d’absentéisme, de turnover et de risques psychosociaux sont régulièrement portées à la connaissance de la direction. Elles ne peuvent être balayées au seul motif que les indicateurs opérationnels seraient satisfaisants. La performance d’une organisation ne peut pas se mesurer uniquement à ses résultats. Elle doit aussi s’apprécier à travers les conditions de travail de celles et ceux qui la font fonctionner.

Avec Cergy et désormais Avignon, la CFDT Adecco considère que la situation impose une réponse qui dépasse le traitement individuel de chaque établissement. Il devient indispensable d’évaluer réellement la charge de travail, d’adapter les moyens humains aux volumes d’activité, de revoir les contraintes organisationnelles et de prendre des mesures concrètes pour prévenir les risques psychosociaux.

Les droits d’alerte ne sont pas des procédures anodines. Ils traduisent des préoccupations suffisamment sérieuses pour nécessiter une intervention et un examen approfondi des situations signalées. La direction doit donc prendre toute la mesure de ces alertes, conduire les investigations nécessaires et apporter des réponses précises aux représentants du personnel comme aux salariés concernés. Les bons indicateurs ne sauraient constituer une réponse aux mauvaises conditions de travail.

La DACO ne peut pas continuer à fonctionner sous tension permanente, la CFDT Adecco refuse que l’engagement et le professionnalisme des salariés servent indéfiniment de variable d’ajustement aux difficultés d’organisation.

Les équipes des centres de service assurent des missions essentielles au fonctionnement de l’entreprise. Elles méritent des conditions de travail dignes, des moyens adaptés et une reconnaissance à la hauteur de leurs responsabilités. Nous continuerons à accompagner les salariés, à soutenir les élus qui exercent leur droit d’alerte et à interpeller la direction aussi longtemps que nécessaire.

Et puisque le bonheur relèverait de la philosophie, rappelons simplement que la santé et la sécurité des salariés relèvent, elles, des obligations de l’employeur. Ce n’est pas une question philosophique. C’est une responsabilité légale.

La CFDT Adecco restera pleinement mobilisée. Il est temps que la direction passe des indicateurs aux actes.

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