DACO : un droit d’alerte face à la dégradation des conditions de travail

6 octobre 2026

Depuis plusieurs mois, la CFDT dénonce les conditions de travail des salariés de la DACO dans les centres de services à travers le territoire. Surcharge, dysfonctionnements persistants, tensions avec les agences, manque de visibilité sur l’avenir des métiers : les difficultés remontées dépassent le cadre d’un incident ponctuel. Un droit d’alerte a désormais été déclenché concernant le centre de services de Cergy-Pontoise, pour saisir formellement la direction des risques signalés pour la santé des salariés.

Cette démarche intervient après des interpellations répétées. Elle traduit une exigence simple : les salariés ne peuvent plus attendre que les transformations produisent, un jour, les bénéfices annoncés, pendant qu’ils en supportent immédiatement les contraintes.

Une transformation dont les salariés absorbent les dysfonctionnements

La réorganisation de la DACO et le transfert progressif de certaines activités vers Akkodis Maroc devaient permettre de soulager les gestionnaires de comptes et d’améliorer le fonctionnement des services. L’expertise ORSEU sur la politique sociale, présentée au CSEC du 8 septembre 2026, décrit pourtant une réalité beaucoup plus préoccupante.

Les équipes doivent poursuivre leur production, contrôler les opérations transférées, répondre aux sollicitations des agences et reprendre certains dossiers. L’augmentation de certains portefeuilles et les difficultés rencontrées lors des clôtures accentuent cette charge. Le rapport relève également les conséquences du renouvellement des équipes du prestataire et des difficultés de montée en compétences. Les gains attendus restent différés, alors que le travail supplémentaire est déjà bien réel.

La CFDT refuse que les salariés des centres de services deviennent la variable d’ajustement d’une organisation insuffisamment stabilisée. Les équipes d’Akkodis travaillent elles aussi avec les moyens qui leur sont attribués. La responsabilité des choix d’organisation, de formation, d’effectifs et de calendrier appartient à ceux qui pilotent cette transformation.

L’expertise confirme la nécessité d’agir

Le rapport fait état de fatigue, de perte de repères, de surcharge informationnelle et de tensions dans les relations avec les agences. Il souligne aussi l’insécurité ressentie face à l’évolution des emplois, dans un contexte de transfert progressif d’activités et de classement du métier de gestionnaire de comptes en emploi sensible.

Ces constats donnent une portée collective aux difficultés signalées. Ils imposent d’examiner le travail réel : le temps consacré aux contrôles, aux corrections, aux demandes multiples et aux reprises de dossiers. Une tâche transférée sur un tableau de suivi ne signifie pas nécessairement une charge supprimée pour le salarié.

L’expert reconnaît que des actions de structuration ont été engagées, mais souligne leur caractère principalement correctif, en réponse à des difficultés déjà rencontrées. Pour la CFDT, ce constat révèle une insuffisance majeure dans l’anticipation des effets humains de la transformation. La prévention ne peut pas consister à attendre que les équipes soient en difficulté pour réajuster l’organisation.

La direction est alertée depuis longtemps

Dès juillet, la CFDT avait demandé un groupe de travail consacré à la DACO. Au CSEC du 8 septembre, elle a renouvelé cette demande et insisté sur la nécessité de repenser le fonctionnement pour redonner des marges de manœuvre aux salariés. Les élus ont également signalé des retards, des erreurs et des tensions ayant des répercussions sur les agences, les intérimaires et les clients.

La direction a fait état de plans d’action et accepté d’inscrire la DACO à l’ordre du jour du prochain Observatoire santé. Nous attendons que ces annonces se traduisent par des améliorations démontrables. La répétition des alertes appelle un bilan précis de l’efficacité des mesures prises, et pas seulement une nouvelle présentation de leurs intentions.

La CFDT conteste une gestion qui fait reposer la continuité du service sur la capacité des salariés à absorber durablement les dysfonctionnements. Leur conscience professionnelle ne dispense pas l’employeur de leur donner les moyens de travailler correctement.

Un droit d’alerte qui exige une réponse concrète

Le droit d’alerte concernant Cergy-Pontoise doit permettre d’établir les faits, d’entendre les salariés et d’identifier les mesures nécessaires. Dans le cadre de l’article L.2312-59 du Code du travail, l’employeur doit mener sans délai une enquête avec l’élu ayant déclenché l’alerte et prendre les dispositions permettant de remédier à la situation.

Cette enquête doit examiner l’organisation, la charge, les moyens, les relations de travail et les effets des transformations. La parole des salariés doit être recueillie dans des conditions qui permettent de s’exprimer sans crainte.

Si cette procédure concerne Cergy, les difficultés documentées sur la DACO appellent une démarche nationale. La CFDT demande un examen de la situation dans chaque centre de services, tenant compte des particularités locales et des causes communes.

La santé des salariés engage la responsabilité de l’employeur

Les articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail imposent à l’employeur de protéger la santé physique et mentale, de prévenir les risques et d’organiser le travail avec des moyens adaptés. La prévention doit agir sur les causes des difficultés, notamment sur l’organisation.

À la lumière des alertes répétées et des constats de l’expertise, la CFDT considère que la direction doit répondre d’une insuffisance sérieuse de prévention. Si les mesures nécessaires ne sont pas prises malgré la connaissance des risques, cette carence est susceptible de caractériser un manquement à ses obligations. La signature d’un accord sur les risques psychosociaux ne suffit pas : son efficacité se mesure dans le quotidien des équipes.

Nous exigeons une évaluation de la charge réelle sur tous les sites, des effectifs et des portefeuilles adaptés, des procédures claires, une formation à la hauteur des activités et un suivi spécifique des risques psychosociaux. Toute nouvelle étape de transfert doit être précédée d’un bilan des effets sur les conditions de travail et de critères de stabilisation vérifiables.

Ces mesures doivent être assorties d’un calendrier, de responsables identifiés et d’un suivi devant les représentants du personnel. Les salariés doivent également disposer d’informations précises sur l’avenir de leurs activités et de leurs emplois.

La CFDT continuera à porter leurs alertes et à demander des comptes sur les résultats obtenus. La direction connaît désormais les difficultés dénoncées. Il lui appartient de démontrer qu’elle prend les mesures nécessaires pour y mettre fin.

Les salariés de la DACO ont droit à une organisation qui leur permette de travailler sans s’épuiser à en compenser les défaillances.

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