Les élus du CSE Central ont été informés, le 8 septembre, d’un projet important concernant l’évolution du parc automobile : Adecco envisage de faire évoluer progressivement son catalogue de véhicules vers une offre 100 % électrique. Le projet est actuellement soumis à la procédure d’information-consultation et doit donc encore faire l’objet d’échanges avec les représentants du personnel avant le recueil de leur avis.
Cette orientation répond notamment aux objectifs de décarbonation du Groupe, mais également à l’évolution de la réglementation et de la fiscalité automobile. La flotte représente aujourd’hui 15 % des émissions de TAG France et ses émissions ont progressé de 20 % depuis 2019. La conversion vers l’électrique constitue ainsi l’un des leviers identifiés pour atteindre l’objectif de réduction de 52 % des émissions liées aux bâtiments et à la flotte automobile entre 2019 et 2030.
Pour les salariés disposant d’un véhicule de fonction, le changement ne sera toutefois pas neutre. Il modifiera les habitudes de déplacement, les modalités de recharge et, pour certains gros rouleurs, nécessitera une organisation différente des trajets professionnels. L’autonomie réelle, la disponibilité des bornes, le temps de recharge, les longs déplacements et les possibilités de recharge au domicile ou sur les sites de l’entreprise constituent donc des sujets très concrets. La Direction identifie elle-même parmi les points de vigilance l’adoption de nouveaux réflexes de recharge, la préparation des longs trajets, la disponibilité des infrastructures selon les zones et la nécessité d’accompagner les conducteurs.
Le projet prévoit justement plusieurs dispositifs d’accompagnement : recharge en itinérance, recharge au domicile et développement des possibilités de recharge sur les sites. Pour le domicile, le dispositif présenté prévoit notamment le remboursement des recharges à partir des données du véhicule et du compteur Linky, ainsi qu’une participation de l’entreprise à hauteur de 50 % du coût d’installation d’une prise renforcée ou d’une borne, dans la limite de 500 € TTC.
Le passage à l’électrique pourrait également avoir un effet financier favorable pour les bénéficiaires d’un véhicule de fonction. Selon les simulations présentées aux élus et la fiscalité actuellement applicable, l’avantage en nature théorique d’un véhicule électrique serait sensiblement inférieur à celui d’un véhicule thermique. Cela pourrait se traduire par une diminution des cotisations sociales supportées par le salarié et de l’impact fiscal associé à cet avantage. Ces données restent néanmoins dépendantes de la réglementation fiscale applicable.
Pour la CFDT, la transition vers une flotte moins carbonée est parfaitement compréhensible. Mais passer au « tout électrique » ne peut pas se résumer au remplacement d’un moteur thermique par une batterie. La réussite du projet dépendra directement des conditions dans lesquelles les salariés seront accompagnés.
Une attention particulière devra notamment être portée aux collaborateurs qui parcourent beaucoup de kilomètres dans le cadre de leur activité. Chez Adecco France, le parc compte 1 759 véhicules et la distance annuelle moyenne s’établit à près de 24 000 km ; 53 véhicules dépassent même les 45 000 km annuels. Ces situations montrent qu’une politique uniforme ne répondra pas nécessairement à tous les usages professionnels.
La CFDT sera donc attentive aux conditions réelles de recharge, aux temps et contraintes liés aux déplacements professionnels, à la situation des salariés qui ne peuvent pas installer de borne à leur domicile, aux infrastructures disponibles dans les agences et sur les sites, mais aussi à l’autonomie des véhicules proposés aux plus gros rouleurs.
Le calendrier présenté prévoit un avis des représentants du personnel en octobre, puis un déploiement progressif à compter du 1er décembre 2026, au rythme du renouvellement naturel des véhicules.
La transition électrique est engagée. Pour la CFDT, elle devra être à la fois environnementalement ambitieuse, économiquement équilibrée et surtout compatible avec la réalité quotidienne des métiers.

