Dans les agences, les centres de services et les fonctions support, les difficultés que nous relayons finissent par nourrir une même exaspération : devoir tenir les objectifs, absorber les dysfonctionnements et accompagner les changements, sans obtenir des réponses à la hauteur des efforts demandés. Les situations diffèrent selon les équipes, mais les attentes se rejoignent. Les salariés veulent pouvoir travailler correctement, être reconnus et vivre dignement de leur travail.
La CFDT porte ces préoccupations dans les réunions et les négociations. Elle alerte, questionne et propose. Mais lorsque les difficultés se prolongent, les salariés sont en droit de demander ce que ces échanges changent réellement dans leur quotidien. La patience des équipes ne peut pas devenir un mode de gestion.
La rémunération est au cœur de nos revendications. À l’approche des négociations annuelles obligatoires, nous demandons des augmentations qui apportent une réponse concrète aux attentes en matière de pouvoir d’achat. Nous exigeons également davantage de transparence et d’équité dans les rémunérations, des règles compréhensibles et une véritable reconnaissance des compétences, de l’expérience et des responsabilités. L’engagement des salariés mérite mieux que des remerciements sans traduction sur leur fiche de paie.
Cette reconnaissance passe aussi par les conditions de travail. Des objectifs doivent s’accompagner des moyens permettant de les atteindre : des effectifs adaptés, une charge soutenable, des outils fiables, des procédures claires et une formation suffisante. Les salariés des agences comme ceux des centres de services ne peuvent pas continuer à compenser, par leur disponibilité et leur conscience professionnelle, les défaillances de l’organisation. Nous demandons des mesures concrètes sur les sites en tension, avec un calendrier et un suivi de leurs résultats.
La santé au travail doit être traitée avec la même exigence. Les alertes sur les risques psychosociaux, les tensions et la dégradation des relations de travail appellent des réponses qui agissent sur les causes. La CFDT revendique une démarche nationale de prévention, un examen du travail réel et des pratiques de management respectueuses. Le respect du temps de travail, des repos et du droit à la déconnexion doit également se traduire dans le quotidien des équipes.
Les transformations de l’entreprise renforcent le besoin de garanties. Les salariés doivent disposer de perspectives claires sur leur emploi, leurs missions et leur évolution professionnelle. Préserver l’emploi, accompagner les changements par la formation, garantir des parcours et des mobilités dans des conditions transparentes : ces exigences doivent trouver des réponses précises. L’incertitude ne peut pas s’ajouter durablement à la pression du travail.
Nos revendications concernent aussi les salariés intérimaires et les salariés en CDI intérimaire. L’égalité de traitement, l’accès aux droits, la sécurisation des parcours et l’amélioration des dispositifs qui leur sont destinés doivent avancer. La négociation sur le compte épargne temps doit notamment permettre de pérenniser et d’améliorer les avantages des intérimaires. Tous les salariés qui contribuent à l’activité d’Adecco doivent bénéficier d’une reconnaissance concrète.
Sur ces sujets, nous attendons l’ouverture ou la reprise de négociations effectives, des engagements mesurables et un calendrier de mise en œuvre. Les réponses doivent pouvoir être évaluées à leurs effets sur les salaires, la charge de travail et la santé des équipes. Une nouvelle présentation ou une promesse de réexamen ne suffira pas à répondre à l’exaspération.
La CFDT entend donc poser clairement la question des suites à donner. Si les alertes et les propositions restent sans réponses suffisantes, des actions collectives pourront être envisagées pour rendre visible la réalité vécue par les salariés et amener la direction à en prendre toute la mesure. La forme que pourrait prendre cette mobilisation n’est pas annoncée à ce stade. Son objectif est clair : obtenir des avancées sur les rémunérations, l’emploi et les conditions de travail.
La direction dispose encore de la possibilité de répondre par des actes. À l’approche des négociations salariales, elle doit entendre ce qui remonte du terrain et apporter des engagements à la hauteur des attentes. L’exaspération des salariés appelle des réponses. À défaut, elle pourrait devenir mobilisation..

