Nous souhaitons attirer l’attention sur les conditions dans lesquelles certains salariés intérimaires sont affectés à des missions au sein d’entreprises utilisatrices. À travers une situation récente impliquant une mission confiée à un salarié intérimaire, des interrogations sérieuses émergent quant au respect des obligations légales en matière de santé et de sécurité au travail.
Des missions aux risques sous-estimés.. les faits portés à notre connaissance concernent l’affectation d’un salarié intérimaire à une mission de transport de personnes retenues, sous escorte de forces de l’ordre armées, entre un centre de rétention administrative et une juridiction.
Ce type de mission, par nature sensible, expose les travailleurs à des risques spécifiques : tensions, incidents, voire tentatives d’évasion. Pourtant, les éléments contractuels transmis au salarié faisaient état de tâches classiques (conduite, manutention) et de risques standards (circulation, chute), sans mention explicite des conditions réelles d’intervention.
Un tel décalage entre la réalité du terrain et la description contractuelle pose un problème majeur : il empêche une évaluation correcte des risques et une préparation adaptée du salarié.
Le cadre légal est pourtant clair. Les entreprises de travail temporaire, comme les entreprises utilisatrices, ont une obligation conjointe de garantir la sécurité des salariés intérimaires.
Cela implique notamment une information précise sur les missions confiées, une évaluation rigoureuse des risques professionnels ainsi que la mise à disposition d’équipements de protection adaptés et, lorsque nécessaire, une formation renforcée à la sécurité.
Dans la situation évoquée, plusieurs manquements apparaissent préoccupants comme l’absence de mention des risques spécifiques liés au transport de personnes retenues, les équipements de protection incomplets ou non indiqués (ex. gilet pare-balles non mentionné) mais aussi l’absence apparente de formation renforcée à la sécurité.
Ces éléments traduisent une défaillance dans la chaîne de prévention, pourtant essentielle pour des missions à haut niveau de risque. Cette situation met en lumière une problématique plus large : les modalités de délégation dans les entreprises utilisatrices. Lorsque des salariés intérimaires interviennent dans des environnements spécifiques ou sensibles, il est impératif que les missions soient clairement définies en amont, que les responsabilités entre entreprise de travail temporaire et entreprise utilisatrice soient précisément établies mais aussi que les représentants du personnel soient pleinement informés et associés.
La délégation ne peut en aucun cas conduire à diluer les obligations de sécurité ou à minimiser les risques encourus par les salariés. Face à ces constats, la CFDT demande une transparence totale sur les missions confiées aux intérimaires, une identification précise des risques professionnels associés, la garantie d’équipements de protection adaptés et clairement définis, la mise en place de formations spécifiques lorsque les postes le nécessitent et l’inscription de ces sujets à l’ordre du jour des instances représentatives du personnel (CSE, CSSCT).
La sécurité des salariés ne peut être une variable d’ajustement. Elle doit être une priorité absolue, quel que soit le statut du travailleur ou la complexité des missions confiées.
À travers cette alerte, la CFDT réaffirme son engagement à défendre des conditions de travail dignes, transparentes et sécurisées pour l’ensemble des salariés, y compris les intérimaires, trop souvent exposés à des situations insuffisamment encadrées.
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