Intérimaires licenciés pour inaptitude : la CFDT dénonce une situation devenue insoutenable

Chaque mois, lors des réunions plénières, un constat revient avec une régularité alarmante : un nombre bien trop élevé de salariés intérimaires sont licenciés pour inaptitude, faute pour l’entreprise d’être en capacité de proposer des solutions de reclassement.

Cette situation, loin d’être marginale, traduit un dysfonctionnement profond dans la prise en charge de ces salariés fragilisés par un problème de santé lié, très souvent, aux conditions de travail.

Un mécanisme qui pénalise les plus précaires

Lorsqu’un salarié temporaire est déclaré inapte par la médecine du travail, l’employeur a l’obligation de rechercher un poste compatible avec ses capacités restantes.
Or, dans un nombre croissant de cas, les entreprises se déclarent dans l’impossibilité de reclasser ces travailleurs. Résultat : le licenciement devient la seule issue.

Pour la CFDT, cette situation est d’autant plus inacceptable que les intérimaires, déjà soumis à une forte précarité, se retrouvent brutalement privés d’emploi, sans solution adaptée, parfois après des années de missions fidèles.

Des obligations légales trop souvent traitées comme de simples formalités

Le reclassement ne doit pas être considéré comme une démarche purement administrative.
La loi impose une recherche active, réelle et sérieuse de solutions. Pourtant, nous constatons trop souvent que les solutions ne sont pas toutes exploitées.

Cette absence d’effort compromet les droits des travailleurs et trahit un manque d’engagement social de la part de l’entreprise.

La CFDT affirme que des solutions existent, encore faut-il vouloir les mettre en œuvre et refuse de considérer ces licenciements pour inaptitude comme une fatalité. Oui, des solutions existent :

_ Mise en place d’aménagements de postes temporaires ou permanents

_ Recours aux formations de reconversion financées par les dispositifs existants

_ Mobilisation des cellules de maintien dans l’emploi

_ Coordination renforcée entre l’entreprise utilisatrice, l’agence d’intérim et la médecine du travail

_ Étude des reclassements sur d’autres sites ou dans d’autres secteurs d’activité

_ Anticipation des risques professionnels pour éviter l’apparition d’inaptitudes évitables.

Mais pour cela, il faut que les entreprises se donnent réellement les moyens d’agir et ne se contentent plus de constater l’inaptitude comme une simple issue administrative.

La CFDT continuera d’exiger des engagements concrets

Face à la multiplication des cas, la CFDT continuera d’interpeller régulièrement la direction sur ses obligations en matière de reclassement, à dénoncer toute recherche de reclassement insuffisante ou inexistante, à accompagner les salariés concernés dans leurs démarches pour faire valoir leurs droits, à revendiquer une politique ambitieuse de prévention et de maintien dans l’emploi.

Parce que derrière chaque dossier présenté en plénière, il y a une personne, une situation de fragilité, un avenir professionnel à reconstruire.

La CFDT défendra toujours le principe suivant : L’inaptitude ne doit pas être synonyme d’exclusion.