Le dialogue social ne peut être réduit à une succession de réunions. Il doit permettre aux représentants du personnel d’exercer pleinement leurs prérogatives, aux salariés d’être entendus et à l’employeur de répondre avec transparence aux interrogations qui lui sont soumises.

Lorsque les enjeux deviennent particulièrement importants, il est légitime de rechercher les conditions les plus favorables à un débat serein, éclairé et respectueux du cadre légal.

C’est dans cet esprit que la CFDT Adecco a demandé au secrétaire du Comité Social et Économique Central de solliciter officiellement la présence de l’inspection du travail lors de la prochaine réunion plénière du CSEC.

Cette demande s’inscrit dans un contexte où les élus sont amenés à examiner des sujets majeurs pour les salariés de l’entreprise.

Depuis plusieurs mois, les représentants de la CFDT alertent régulièrement la Direction sur différents sujets : conditions de travail, risques psychosociaux, application de certains accords collectifs, fonctionnement des instances représentatives du personnel ou encore qualité du dialogue social. Autant de thèmes qui relèvent directement des missions de l’inspection du travail et qui justifient, à nos yeux, qu’elle soit invitée à assister aux échanges.

La réunion plénière de septembre revêtira une importance toute particulière puisqu’elle abordera notamment le projet de rapprochement entre Adecco France et Adecco Médical.

Compte tenu des enjeux sociaux, organisationnels et humains liés à ce projet, il nous paraît utile que l’inspection du travail soit invitée à assister aux débats. Naturellement, il lui appartiendra, en toute indépendance, de décider si elle souhaite répondre favorablement à cette invitation.

Notre démarche n’a donc pas pour objet de préjuger de sa présence, mais bien de créer les conditions permettant, si elle le juge opportun, qu’elle puisse apporter son regard sur les échanges.

Lors de la réunion du CSEC du début du mois de juillet, les élus étaient également amenés à se prononcer sur un éventuel recours à une expertise concernant ce projet.

Les élus CFDT ont fait un choix différent, une position qui a d’ailleurs été partagée par une majorité des membres du CSEC à l’exception de la CFTC et CF€-CGC

Nous avons estimé qu’une nouvelle expertise ne constituait pas la solution la plus pertinente. Le CSE d’Adecco Médical ayant déjà décidé de diligenter une expertise sur ce même projet, il nous est apparu qu’engager une seconde expertise, dont le coût est estimé en moyenne à près de 1500 euros par jour, financée par le budget de fonctionnement du CSE central, ne représentait pas la meilleure utilisation des moyens de l’instance.

Cette décision est indépendante de notre démarche auprès de l’inspection du travail.

D’un côté, les élus du CSEC ont fait un choix quant à l’utilisation des ressources financières de leur instance. De l’autre, la CFDT considère qu’il est de sa responsabilité de solliciter une autorité publique indépendante lorsque les sujets inscrits à l’ordre du jour présentent des enjeux importants pour les salariés et pour le dialogue social.

Ces deux démarches poursuivent un même objectif : garantir que les représentants du personnel disposent des meilleurs moyens pour exercer pleinement leur mandat, tout en veillant à une utilisation responsable des ressources du CSEC.

La CFDT continuera à défendre cette ligne de conduite.

Nous privilégierons toujours le dialogue lorsqu’il permet de faire avancer les dossiers. Nous soutiendrons les expertises lorsqu’elles sont nécessaires. Et nous n’hésiterons jamais à solliciter les autorités compétentes lorsque les circonstances le justifient. Parce que défendre les salariés, ce n’est pas choisir un outil par principe, c’est choisir, à chaque situation, celui qui nous paraît le plus pertinent.

La CFDT Adecco continuera d’agir avec exigence, responsabilité et détermination, dans l’intérêt exclusif des salariés.