En 2023, la CFDT Adecco a fait le choix de signer l’accord collectif relatif à l’organisation du temps de travail. Cette signature n’était ni un acte symbolique, ni un chèque en blanc. Elle reposait sur un principe simple : un accord négocié et signé doit être appliqué loyalement par toutes les parties.
Force est de constater que de nombreuses interrogations demeurent sur les conditions réelles d’application de cet accord.
Depuis quelques semaines, la CFDT interpelle la Direction. Des courriers ont été adressés, des demandes d’explications formulées et des alertes répétées. À ce jour, les réponses apportées ne permettent toujours pas de lever les doutes qui subsistent.
Nos préoccupations portent aujourd’hui sur deux dispositions majeures de l’accord.
La première concerne la période de référence prévue à l’article 3.3. Le texte est pourtant sans ambiguïté : le temps de travail est organisé sur une période annuelle de douze mois courant du 1er janvier au 31 décembre. Or, les nombreuses remontées de terrain et les éléments recueillis par la CFDT conduisent à s’interroger sur les modalités réellement appliquées dans certaines organisations. Si ces constats étaient confirmés, ils révéleraient un écart significatif entre l’accord signé et son application opérationnelle.
La seconde concerne le travail du dimanche. Là encore, les informations dont dispose la CFDT soulèvent de sérieuses interrogations. Nous nous interrogeons notamment sur le recours à Adecco Outsourcing pour organiser certaines activités dominicales dans des situations où Adecco France ne disposerait pas, ou plus, des autorisations administratives nécessaires. Si ces pratiques étaient avérées, elles poseraient une question essentielle : celle du respect de l’esprit de l’accord collectif et de la loyauté dans son exécution.
Pris séparément, chacun de ces sujets mérite des explications. Pris ensemble, ils interrogent sur la manière dont l’entreprise applique les engagements qu’elle a librement souscrits en 2023.
La CFDT le rappelle avec force : un accord collectif ne peut être signé pour ensuite être interprété, aménagé ou contourné au gré des contraintes opérationnelles. Les accords collectifs ont une force obligatoire. Ils créent des droits pour les salariés, mais également des obligations pour l’employeur. Ils doivent être exécutés de bonne foi et dans le respect de l’équilibre qui a permis leur conclusion.
L’article 9.3 de l’accord prévoit la mise en place d’une commission de suivi. Au regard des interrogations importantes qui subsistent aujourd’hui sur l’application de plusieurs dispositions essentielles de l’accord, la CFDT considère que les conditions sont pleinement réunies pour que cette commission soit réunie dans les meilleurs délais. C’est précisément sa vocation : permettre aux signataires de dresser un état des lieux de l’application de l’accord, d’examiner les difficultés rencontrées et d’obtenir les explications nécessaires lorsque des écarts sont constatés ou suspectés.
La CFDT Adecco demande donc officiellement la convocation de cette commission de suivi. Il appartient désormais à la Direction d’apporter, en toute transparence, les explications attendues sur les modalités réellement appliquées concernant la période de référence, sur l’organisation du travail du dimanche, notamment lorsqu’elle implique Adecco Outsourcing, et plus largement sur le respect des engagements pris lors de la signature de l’accord.
La CFDT Adecco continuera d’assumer pleinement son rôle de signataire. Nous avons choisi de négocier parce que nous croyons au dialogue social. Mais nous considérons également qu’un accord collectif n’a de valeur que s’il est effectivement appliqué. Les salariés peuvent compter sur notre détermination pour veiller au respect des engagements conventionnels et pour faire vivre les accords que nous avons signés.
Un accord collectif n’est pas un outil de communication. C’est un engagement. Et un engagement doit être respecté.
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